Le stockage géologique du CO2 industriel : enjeux et défis
Alain Bonneville (Lab. Geosciences Marines, Inst. Physique du Globe de Paris)

Infos Complémentaires

Ces séminaires ont lieu le jeudi à 13h30 en salle de conférence IV au 2ème étage du batiment dit "de chimie".

Jeudi 22 Mai 2008

Les teneurs en gaz à effet de serre dans l’atmosphère et notamment en CO2, ont crû de façon continue et importante depuis 150 ans à cause de
l’activité humaine. Même si l’on adopte une position prudente quant aux conséquences sur le climat d’une telle évolution, un consensus
international se dégage pour ramener le niveau de CO2 dans l’atmosphère à celui qu’il avait à la fin du 20ème siècle ou tout au moins le stabiliser.
Parmi toutes les sources de CO2, les sites industriels et principalement les centrales électriques thermiques (mais aussi les gisements de pétrole
ou de gaz souvent riches en CO2 qu’il faut éliminer), représentent plus de 50% des émissions au niveau mondial. Sur ces sources industrielles
concentrées, on peut séparer le CO2 avant qu’il soit émis dans l’atmosphère et ensuite le stocker dans des formations géologiques
profondes. Ce stockage géologique du CO2 pourra être réalisé dans des gisements pétroliers ou gaziers épuisés ou en phase de récupération
assistée, dans des aquifères profonds, dans des couches de charbon ou bien encore dans des roches basiques magmatiques. La généralisation d’un tel
procédé pourrait représenter jusquà 25% des efforts de réduction nécessaires pour stabiliser la concentration de CO2 dans l’atmosphère à
500 ppm en 2050. Déjà des sites d’injection pilote existent et de nombreux sont programmés à l’horizon 2012 avec pour objectif une mise en oeuvre de
véritables projets industriels autour de 2020 (concept de centrale « propre »). Cette option repose, en partie, sur la compréhension des
processus mis en jeu (hydrauliques, mécaniques, chimiques et biologiques) et sur leur modélisation car, si l’on sait déjà stocker du gaz naturel
dans de bonnes conditions de sécurité, de nombreuses questions se posent encore quant au devenir d’un stockage à long terme de grandes quantités du
gaz acide qu’est le CO2.

L’état actuel de la recherche en ce domaine sera présenté en mettant l’accent sur les grands enjeux scientifiques et technologiques tant en
compréhension des interactions du CO2 avec les phases minérales présentes en profondeur qu’en développement des outils et méthodes de surveillance
des sites de stockage. Les aspects socio-économiques et l’acceptabilité de la filère seront aussi abordés ainsi que les projets de stockage en
France.

Ces séminaires ont lieu le jeudi à 13h30 en salle de conférence IV au 2ème étage du batiment dit "de chimie".