Circuits supraconducteurs pour l’information quantique
Benjamin Huard (LPA)

Résumé

Ce mémoire présente ma contribution à l’avènement des circuits supraconducteurs comme composant de base des systèmes d’information quantique. Les variables macroscopiques des circuits électriques, telles que la tension et le courant, obéissent aux lois de la mécanique quantique tant qu’elles sont suffisamment découplées de leur environnement. Depuis que les premiers qubits supraconducteurs ont été réalisés il y a 15 ans, leurs temps de cohérence ont augmenté de 5 ordres de grandeur grâce à un meilleur contrôle de l’environnement électromagnétique des jonctions Josephson. Sur ces systèmes remarquables, nous avons réalisé des expériences qui illustrent quelques uns des aspects les plus non classiques de l’information quantique.
Les variables quantiques fluctuent même à température nulle. Ces fluctuations de point zéro imposent à un détecteur d’ajouter au moins un minimum de bruit. Nous explorons les limites quantiques de l’amplification pour des signaux microonde itinérants, et décrivons un circuit supraconducteur concret, le mixeur Josephson, capable d’atteindre cette limite.
Contrairement à l’information classique, l’information quantique peut être stockée de manière délocalisée dans l’espace grâce à l’intrication. Nous décrivons le premier circuit capable d’intriquer deux modes de champ microonde itinérants à différentes fréquences et sur des lignes de transmission séparées. Nous présentons aussi un dispositif capable de stocker un champ microonde intriqué avec un champ propageant.
La mesure d’un système quantique conduit à une réaction sur son état sans équivalent classique. Nous présentons une expérience où la trajectoire de l’état qubit est protégée de la décohérence par rétroaction basée sur la mesure. Cette expérience illustre le rôle central de la réaction d’une mesure quantique pour le contrôle par rétroaction et donc pour la correction quantique d’erreur.
Les mesures faibles fournissent une information partielle sur un système. Comme les mesures quantiques modifient l’état du système, les règles classiques de Bayes doivent être modifiées pour prédire la probabilité de trouver un résultat donné sachant qu’un certain résultat sera trouvé dans une autre mesure future. Nous décrivons une expérience où la fluorescence émise par un qubit est enregistrée dans le temps, ce qui peut être interprété comme une mesure faible et continue du qubit. L’influence de conditions sur les mesures passées et futures est explorée.