Evolution des génomes de vertébrés à partir de leur ancêtre commun.
Hugues Roest Crollius (Département de Biologie, ENS, Paris)

Jeudi 16 juin 2005

La séquence du génome du poisson Tetraodon Nigroviridis a récemment été obtenue au Génoscope. L’ancrage de cette séquence sur les 21 chromosomes, une première chez les poissons, a permis de prouver que le génome s’est entièrement dupliqué il y a probablement 300 millions d’années.

Cet évènement a laissé des traces dans la plupart des génomes des poissons modernes. Ces signatures sont particulièrement visibles lorsque l’on compare l’organisation des gènes du poisson avec celle de génomes qui ne se sont pas dupliqués, comme celui de l’homme ou du poulet. Une propriété remarquable du génome de Tetraodon est sa relative stabilité au cours de l’évolution. Elle permet aujourd’hui de reconstituer les paires de chromosomes dupliqués, et par là de remonter à la structure du génome de l’ancêtre commun à tous les vertébrés, c’est-à-dire celui que nous partageons avec les oiseaux et les poissons.

Bien que l’on ne sache pas grand chose de cet animal (il n’en existe pas de fossile), nous pouvons déterminer avec une bonne précision qu’il possédait 12 chromosomes et quels sont les gènes que ces derniers contiennent.