1805-2005 : deux siècles de découvertes sur la capillarité
Yves POMEAU (Lab. de Physique statistique, ENS)

Jeudi 13 octobre 2005

En 1805 T. Young et P.H. de Laplace publient à quelques mois d’intervalle les deux articles fondateurs de la théorie de la capillarité. Curieusement, si l’approche de Young est infiniment plus abstraite que celle de Laplace, c’est celle qui est à la base des présentations actuelles dans l’enseignement, après sa mise en forme définitive par Gauss.

J’expliquerai en quoi consiste ces approches qui, pour la première fois, introduisent de façon cohérente une force autre que celle de la gravité dans la physique. Je détaillerai un peu le superbe calcul de Laplace de l’ascension capillaire, reliée à une force à courte portée dans les liquides. Cette idée brillante fut critiquée tout de suite par Poisson, puisqu’elle semblait interdire l’équilibre près d’une interface plane. La résolution du paradoxe, due à van des Waals, est à l’origine des développements modernes de la théorie de la capillarité.

Comme exemple de ces développements récents, je présenterai les difficultés que l’on rencontre dans les problèmes de mouillage dynamique ( ligne de contact mobile) qui sont un lointain écho du paradoxe découvert par Poisson.